LA BORNE ITINERAIRE

 

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SAINT-YAN, place de la mairie : carrefour des D 982 et D 352. Inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques. Calcaire. Elle marquait la bifurcation de la route n° 16 de la Champagne (près de Châtillon) au Lyonnais et au Forez (Roanne) par Semur, Saulieu, Autun, Digoin et Marcigny, avec la route n° 38 tendant vers Mâcon par Charolles. Elle indique aussi la route de Dijon par Charolles, Joncy, Givry et Chagny; celle de Moulins par Chevagnes ; de Decize par Bourbon-Lancy. Bien mise en valeur devant la mairie, sa lecture en est facilitée par la peinture noire des directions et des distances.

LES COLONNES ROUTIERES DU XVIIIe SIECLE

La restructuration du réseau routier bourguignon au 18e siècle, conduite par l’équipe d’ingénieurs sortis de la jeune Ecole des Ponts et Chaussées, et que dirige l’ingénieur en chef Thomas Dumorey, auquel succède Emiland Gauthey, s’accompagne de travaux impressionnants : nouveaux tracés, empierrements et pavages, construction de ponts et d’aqueducs, mais aussi de petits équipements routiers telles que colonnes indicatrices et bornes « leugaires » (puisque les distances sont alors exprimées en lieues). Les bornes indicatrices font l’objet de plusieurs délibérations des Etats de Bourgogne parmi lesquelles il suffira d’en citer deux, car elles justifient les motivations qui président à leur érection au carrefour des routes.

9 novembre 1711

« […] Les poteaux qui avaient été posez sur les ordres de Sa Majesté dans les grands chemins, pour indiquer les routes, étoient la plupart détruites, et que c’étoit une occasion aux officiers qui conduisoient les recrües, ou d’autres corps de troupe plus considérables, et aux voyageurs, de s’écarter du droit chemin, de commettre beaucoup de désordres, et souvent d’enlever des hommes, sous prétexte de les prendre pour guide. »

2 septembre 1715

« Lesdits Elus généraux ont délibéré et ordonné à tous les habitants du duché de Bourgogne de faire planter des arbres fruitiers sur les grands chemins de cette province, et sur les chemins de traverse, et de rétablir les guides ou poteaux qui avoient été posez par les ordres de Sa Majesté sur les grands chemins, afin d’indiquer les routes et prévenir par là les désordres qui arrivent depuis que ces poteaux ont été ruinez »

[Archives départementales de Côte-d’Or : Ponts et Chaussées : C 3861]

Alors que ce petit patrimoine routier obsolète disparaissait presque irrémédiablement, il s’est trouvé quelques érudits locaux attentifs. Pierre Grivot, de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon, publie en 1973 un article dans lequel il recense cinq de ces colonnes routières (Mémoires de la S.H.A.C. tome 52, p. 213-216). En reprenant la question, on a pu constater que les cinq bornes signalées existent encore – certaines d’entre elles étant d’ailleurs inscrites à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques - mais d’autres viennent aujourd’hui s’ajouter à cet inventaire qui n’a pas la prétention d’être exhaustif.

Les bornes-colonnes routières ont été plus ou moins déplacées de leur implantation d’origine, pour d’évidences raisons de sécurité et de protection ; toutes ne nous sont pas parvenues intègres, comme on le verra dans la description sommaire ; outre les directions, qui désignent en principe les étapes avec relais de poste, sont portées les distances en lieue, demie ou quart de lieue. La valeur de la lieue de Bourgogne est d’environ 4,872 m ; elle équivaut à 2000 toises, la toise valant donc 2,436 m (valeurs données par Courtépée qui ne manquait pas d’expérience en matière d’itinéraires). La numérotation des routes indiquées ici ne figure pas sur les bornes ; elle reprend celle inscrite dans le programme routier des Etats de Bourgogne en 1784.

source : les colonnes routieres du xviiie siecle